Pensée du 6 janvier 2026
La peur au ventre
Quand cette boule au plexus
Me remue l’intérieur
Quand mon pouls s’accélère
Sans raison apparente
Quand j’ai envie de fuir
De disparaître, de ne plus être
De ne plus rien sentir
Je ferme les yeux,
Je pose les pieds bien à plat au sol,
Je respire, profondément,
Je remplis mes poumons au ras le bord,
Je les vide entièrement, lentement,
Encore une fois, puis une autre,
Une autre fois
Je me dépose, je fais le vide
J’oublie le temps
Je sens ma connexion au sol
Mon lien à la terre
L’énergie bienveillante
Qui monte en moi
Depuis le centre de la planète
Voilà, ça va déjà mieux
Le courage n’est pas l’absence de peur
Le courage c’est d’avancer en dépit de nos peurs
Un déjeuner venu d’ailleurs

Cerises du Chili, framboises du Mexique, bleuets du Pérou, noix de Grenoble de Californie, clémentine du Maroc, banane d’Asie, le café…
Un bonne partie de mon déjeuner provient d’ailleurs dans le monde. À une autre époque, on consommait presqu’essentiellement localement.
Depuis la mondialisation des marchés, les produits d’importation sont devenus accessibles sans être pour autant des produits de luxe. Mon père, aujourd’hui âgé de 94 ans, me disait, qu’étant enfant, il avait déjà reçu une orange à Noel, un produit rare et peu accessible à son époque.
Merci la vie pour cette diversité alimentaire.
Le bonheur c’est…
Le bonheur, c’est la famille. Nous, mes 3 enfants, leur conjoint, et mes 7 bientôt 8 petits-enfants.

La femme au dragon rouge

Je lis actuellement le roman « la femme au Dragon Rouge » de J.R. dos Santos qui m’éveille sur deux éléments importants:
- Le traitement des Ouïghours en Chine
- La stratégie géopolitique mondiale de la Chine
Le traitement des Ouïghours en Chine est tout simplement intolérable. Il a été notamment rendu public par l’histoire réelle de Sayragul Sauytbay qui a pu fuir et dénoncer ce qui se passait dans les camps de rééducation chinois du XinJiang. C’est de dire jusqu’où le nationalisme extrême peut amener un pays, au nom d’une certaine idéologie, à discriminer et maltraiter ses populations minoritaires qui ont une culture, une langue ou une religion différente.
C’est une question qui nous touche particulièrement au Québec, puisque nous sommes une minorité francophone au Canada par notre histoire, notre langue, notre culture et nos traditions religieuses. Depuis si longtemps, on doit se battre et débattre politiquement avec le Gouvernement fédéral pour que ces différences qui nous définissent viscéralement soient reconnues et respectées. Être une minorité francophone sur le continent américain est un combat perpétuel pour ne pas être progressivement assimilés par l’omniprésence de la langue anglaise et la prédominance de la culture américaine. Est-on aussi maltraités que les Ouïghours, non bien sûr, absolument pas. Ça n’a même rien à voir, absolument rien à voir, sinon que c’est un combat pour préserver ce qui nous distingue.
En même temps, au Québec, nous avons un gouvernement provincial majoritaire, avec le pouvoir d’imposer des lois et des règles pour préserver et promouvoir ces différences sur notre territoire, mais sans pour autant contrôler les flux migratoires qui relèvent d’abord du Gouvernement Fédéral. Ainsi, par ses politiques et sa vision fédérale, une immigration massive de gens ayant une langue, une culture et une religion différentes viennent trouver au Québec une terre d’accueil, mais sans vouloir ou devoir pour autant renier leurs traditions, leur religion ou leur langue et adopter les nôtres. Le Gouvernement Fédéral impose ainsi au Québec sa vision post nationale du pays, un multiculturalisme tolérant dont la langue commune est celle du continent américain. C’est à la fois légitime d’un point de vue humain, mais menaçant pour une culture minoritaire qui doit se battre pour maintenir et promouvoir ses propres différences sur son territoire.
Pas facile de concilier tout cela, quand on se sent accueillants et ouverts face à ceux qui deviennent nos voisins, qui choisissent de s’installer ici et à la fois menacés par l’affirmation de leurs différences qui viennent en contradiction avec les nôtres. Ce qui m’interpelle dans ce roman de J.R. dos Santos, c’est la dérive que peut amener le nationalisme.
Ensuite, la stratégie d’expansion internationale de la Chine et ses enjeux économiques et géopolitique est bien décrite dans ce roman et honnêtement elle me fait peur. Quand on voit la montée en puissance de ce pays au niveau international, les méthodes de contrôle omniprésentes de sa population et son nationalisme extrême, on peut s’inquiéter de que serait et peut-être sera le monde éventuellement, sur une planète où la liberté de penser, de s’exprimer et de vivre n’existera plus parce que toute dissidence idéologique sera fermement punie voire éliminée.
Donc, La femme au Dragon Rouge, un roman que je recommande pour la prise de conscience.
Gratitude 2025

Récemment, j’ai entendu quelqu’un dire: « Quand j’étais jeune, je pensais à ce que je voulais, plutôt qu’à ce que j’avais ».
La gratitude, c’est être reconnaissant pour ce qu’on a, pour la vie amoureuse, familiale, professionnelle ou matérielle. Peu importe l’âge, on peut continuer à toujours en vouloir plus à tous points de vue, sans prendre le temps d’apprécier ce qu’on a, qui nous a été donné, ce dont on a hérité ou ce qu’on a gagné à force de combats et d’efforts.
J’ai hérité de ma mère du gène du bonheur et je lui en suis tellement reconnaissant. À 90 ans, elle est encore alerte et vive d’esprit. Elle continue à se préoccuper des autres, comme elle l’a fait toute sa vie. Elle a une mémoire sélective dans le sens où elle se rappelle clairement de tous les beaux et bons moments et a tendance à oublier les moins bons qui s’estompent peu à peu. Plus jeune, quand je vivais un évènement difficile ou décevant, elle me répétait souvent: « Tu verras, après coup tu te diras que les choses arrivent pour le mieux ». On ne sait pas toujours pourquoi certaines choses nous arrivent, on ne pense pas les mériter et on se pense victime d’injustice. Pourtant, plus tard, quand on regarde tout cela à rebours, on prend souvent conscience de tout ce que ça a pu apporter dans notre vie. Parfois, sans un évènement malheureux, on aurait pris un embranchement différent sur la route de la vie et on serait ailleurs. C’est un peu croire qu’une force supérieure guide nos pas pour que le meilleur surgisse en alignant tous les destins. C’est une vision optimiste de la vie, j’en conviens, peut-être même un peu naïve et pourtant c’est ce qui rend ma vie sereine là maintenant. Quand ça va bien, profites de l’instant. Si ça va mal, garde espoir, demain ça ira mieux.
Duel à Venise-en-Québec

De l’âge de 6 à 15 ans, j’ai passé tous mes étés à notre chalet de Venise-en-Québec. J’en garde des souvenirs mémorables, de plaisir, d’insouciance et de liberté.
Un de ces étés, Christian, un ami d’été et résident de la place, m’avait appris à jouer au billard. On se rendait tous les deux régulièrement à pied ou en vélo au Casino de la plage Champlain, en longeant la route étroite bordant le lac sur un peu moins de deux kilomètres. Dans une grande salle ouverte qui sentait l’âge vénérable du bâtiment, on retrouvait plusieurs tables de billard. Chaque partie coûtait 25 cents. Il fallait insérer la pièce dans l’ouverture sur le côté de la table, pousser et relâcher le mécanisme pour libérer les boules qui tombaient alors en un grondement sourd dans une ouverture située à l’extrémité de la table. Ce bruit très spécifique annonçait à tous les joueurs sur place, qu’une partie se préparait.
Il fallait ensuite récupérer les boules numérotées de 1 à 15 et les disposer correctement en ordre numérique à l’intérieur d’un triangle en plastique ou en bois et les compacter en positionnant la boule numéro 1 sur une marque destinée à cette fin sur la table. Le triangle était soulevé doucement, sans déplacer les boules et la partie pouvait commencer.
Avec sa baguette, un joueur frappait violemment la boule blanche pour la projeter contre les 15 boules encaissant bruyamment le coup et se dispersant, se frappant les unes contre les autres pendant quelques secondes jusqu’à ce que tout s’arrête. Si, lors de la casse, une ou plusieurs boules entraient dans une des 6 ouvertures, situées dans les coins ou au centre, celle-ci déterminait le regroupement de boules (1 à 7 ou 9 à 15) qui seraient celles du joueur. Il pouvait alors continuer à entrer ses boules en les frappant avec la blanche jusqu’à ce qu’il rate. C’était alors à l’autre joueur de prendre place pour tenter de faire entrer ses boules de l’autre catégorie. Le gagnant était celui qui arrivait à entrer toutes ses boules, puis la noire, la numéro 8.
Le billard est un bel exercice de géométrie des angles, de calcul de la force requise et de projection spatiale. Il faut prévoir ce qui se passera quand on frappera la boule, calculer l’angle dans lequel la blanche touchera sa cible pour la faire entrer dans la poche d’angle ou latérale, où ira la blanche par la suite, où seront les autres boules après coup et déterminer où on souhaite placer la blanche pour continuer à jouer. Quand on gagne en expérience, on maîtrise toujours mieux tous ces aspects du jeu. Au départ, on ne pense pas à tout cela, mais ça vient avec le temps.
Une règle connue de tous voulait par ailleurs que le gagnant puisse rester sans payer pour la partie suivante. Le prochain adversaire à affronter pouvait être n’importe qui dans la salle. Il suffisait qu’il ait déposé sa pièce de 25 cents sur le bord de la table pour indiquer qu’il voulait relever le défi. C’était un peu l’équivalent du coup de gant des duels d’épée en Europe au XVIIe siècle.
Au départ, je perdais la plupart du temps, que ce soit contre mon ami qui avait plus d’expérience ou contre un adversaire de la place qui voulait afficher son propre talent, mais j’ai persévéré et un jour, je suis devenu bon. Je me souviens d’une fois, plusieurs années plus tard, dans une brasserie du coin où j’étais venu pratiquer, avoir entendu le commentaire d’un spectateur qui avait dit: « Il est pas mal bon, le p’tit Forest ». Je l’avais reçu comme une marque d’appréciation pour tous les efforts mis au cours de ces années et même si je ne l’avais pas remercié, ça m’avait fait plaisir.
On ne sait pas toujours comment un simple commentaire positif peut faire plaisir, alors je me dis que je ne m’en priverai jamais, si l’occasion se présente.
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