Pour l’atelier d’écriture d’Alexandra. En s’inspirant d’une photo de Danist Soh, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

Marie-France posa la main sur le lecteur biométrique et pris place dans son siège privé alors que l’ascenseur démarrait, d’abord lentement, puis de plus en plus vite pour rejoindre leur appartement de la Stratos Tower, la plus haute tour au monde. Avec Paul, son conjoint des huit dernières années, elle habitait depuis trois mois le Penthouse, tout en haut au 5000ième étage. L’ascension prenait environ dix minutes et durant la montée, au travers de la paroi vitrée, Marie-France pu observer le sol s’éloigner à vitesse vertigineuse jusqu’à ne plus distinguer la moindre habitation, laissant l’humanité tout en bas, comme une âme libérée du fil d’argent. Elle se sentait déjà plus légère. Elle traversa les nuages en quelques secondes pour voir apparaître à perte de vue un gigantesque champ de boules de coton. Elle monta toujours plus haut, au-dessus des vents, des pluies et des turbulences, au dessus des oiseaux ailés et des vols commerciaux, au-dessus des problèmes et soucis terrestres.
Après quelques minutes d’ascension, Marie-France porta l’envers de sa main à sa bouche et bailla longuement. La journée au bureau avait été longue, pleine d’émotions et de décisions difficiles qu’elle laissait maintenant loin derrière, là-bas, tout en bas. Progressivement la vitesse diminua, annonçant l’arrivée imminente à 16000 mètres du sol, dans les couches basses de la stratosphère. L’ascenseur s’immobilisa tout doucement et les portes s’ouvrirent sur leur magnifique appartement entièrement vitré de 300 mètres carré. De là-haut, la vue était tout simplement époustouflante. Le ciel où s’entremêlaient des couleurs pastel de violet, bleu, orange et jaune lui rappelait toujours « Saint-Georges-Majeur au crépuscule » cette toile de Monet, peinte à l’automne 1908 à Venise. La voûte éclairée en permanence de milliards d’étoiles, tout en haut s’étendait à l’infini à travers le dôme vitré, nous rappelant combien nous sommes petits dans l’univers. À cette heure tardive, on voyait maintenant le soleil descendre à l’horizon et se cacher derrière la courbure de la terre en étalant sa lumière de part et d’autre du globe comme une explosion nucléaire au ralenti.
— Bonsoir Chérie, tu as passé une belle journée? demanda Paul qui s’approchait lentement, tenant deux coupes de vin blanc.
— Je suis contente d’être ici, loin de tout et près de toi mon amour.
— Oublie tes soucis ma Chérie et bienvenue chez nous au septième ciel.
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