
— Tu l’as vu hier?
— Oui. Il sortait de chez lui.
— Lui, il t’as vue?
— Non, je ne pense pas. Il parlait dans son cell quand il est passé près de moi.
— Tu ne l’as pas abordé?
— Non, quand même…
— Il était comment?
— Beau comme un coeur, tu le sais bien.
— Tu crois qu’un jour…
— Ça m’étonnerait. On ne vit pas dans le même monde que lui et Cendrillon, c’est juste un conte.
— Oh tu sais, il n’y a pas que l’argent dans le vie. Tu es super belle, intelligente, sensible. Je suis certaine qu’il t’aimerait. Tout le monde t’aime.
— Peut-être…mais s’il savait que c’est à cause de mon intervention que son chantier s’est brutalement arrêté, je ne suis pas certaine qu’il m’aimerait autant que tu le dis.
— Oui, mais tu sais très bien que préserver les traces et l’histoire de ce village iroquois est hyper important. C’était sans doute les premiers vrais montréalais. Tu imagines, Jacques Cartier débarquer ici en 1535 et découvrir Hochelaga. Le village, les maisons longues, les terres cultivées, pleine de blé, les milliers d’iroquois qui vivaient ici, wow…
— Je suis d’accord avec toi, mais je suis pas certaine que ceux qui veulent bâtir des condos ici voient les choses de la même façon.
— Il a pourtant des origines autochtones, lui, non?
— C’est vrai. Tu as raison. Peut-être que ça signifierait quelque chose pour lui.
— Peut-être qu’ils pourraient juste réviser leur projet et faire en sorte d’intégrer cette page d’histoire dans leur construction, y associer un mini parc thématique, quelque chose du genre.
— C’est une bonne idée.
— Tu vas essayer de lui en parler demain?
— Toi et tes histoires de Cendrillon, je te vois venir là.
— Ha ha, on sait jamais!
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