Atelier d’écriture de Leiloona:
En s’inspirant d’une photo de Maman Baobab, écrire, juste pour le plaisir d’écrire.
Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup aller visiter mon grand-oncle Albert à la campagne. Il était propriétaire d’une fermette située tout au bout du rang des Trentes, à Ste-Émilie de l’Énergie. Albert était un bon vivant, toujours souriant et qui avait réponse à tout, mais avec ce genre de réponse qui étonne parfois et laisse songeur. Cet après-midi là, il ventait énormément et j’avais apporté avec moi, un petit moulin à vent que je possédais depuis que ma mère en avait distribué lors de la fête pour célébrer mes 7 ans. Sous le vent, il tournait à plein régime sans que je n’ai besoin de courir pour le mettre en mouvement. J’avais alors constaté un étrange phénomène: Quand il tournait ainsi très vite, mon moulin à vent se transformait. Les couleurs distinctes de chacune des pales s’estompaient progressivement pour être remplacées par un même jaune uniforme. Curieux, j’avais demandé à l’oncle Albert de m’expliquer pourquoi c’était ainsi. Il n’a pas changé de couleur, me répondit Albert, c’est juste ton œil qui est incapable de s’adapter à la vitesse, de sorte qu’il ne distingue plus les couleurs. D’ailleurs, tu verras, c’est aussi comme ça chez les grandes personnes. En grandissant, elles ont tendance à aller de plus en plus vite et voir tout en gris. Il leur suffirait pourtant de ralentir un peu le rythme pour redécouvrir la diversité des couleurs qui sont pourtant là. Encore aujourd’hui, quand tout me semble gris, je me souviens de ces paroles de l’oncle Albert et je ralenti, je respire un grand coup et je porte attention à ce qui m’entoure.

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