Atelier d’écriture de Leiloona. En s’inspirant d’une photo de Mattheus Ferreira, écrire une courte histoire, juste pour le plaisir d’écrire.
En complément, j’ai aussi utilisé le générateur de mots aléatoires. j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire en les insérant tous et dans l’ordre.
Les mots qui sont apparus sont les suivants:
Laid, Botte, Bouche, Famille, Avion, Olive, Marguerite, Laitue, Robe, Chapeau
Il est tabou de dire aux parents que leur nouveau-né puisse être laid et pourtant c’était la réaction spontanée de la plupart de ceux qui avaient vu Célestine à sa naissance. Ses cheveux roux en épi, drus et emmêlés comme une botte de foin, des yeux qui louchaient légèrement et une bouche qui faisait systématiquement la baboune rebutaient les regards, même ceux de sa famille immédiate, mais pas celui de Charlotte, sa maman. Elle voyait dans ce petit être toute l’énergie et l’amour qu’elle avait consacré à le créer, parce que donner naissance à un enfant, c’est exactement ça, créer un nouvel humain, un être qui rassemblera dans une recette unique, non seulement les gènes de ses parents, mais aussi un peu tout de ce qui l’entoure, parce que chaque cellule, chaque molécule de son corps aura été formée des atomes de carbone, de calcium, d’azote, de phosphore, d’hydrogène ou d’oxygène, capturés à proximité d’elle durant sa croissance pour faire dorénavant partie d’un nouvel assemblage. Aussi, durant sa grossesse, Charlotte avait énormément voyagé, prenant l’avion plusieurs fois par mois pour diverses destinations lointaines, afin que Célestine ait en elle la plus large part possible de notre univers. Que le résultat étonne, voire rebute ceux qui la regardait n’était que temporaire, se disait-elle, puisque chaque atome de Célestine se rappelait les corps auxquels ils avaient participé depuis le début des temps et la variété si riche la composant demandait du temps pour s’assembler harmonieusement, atténuer les contours et rendre le tout agréable au regard.
Il avait fallu plusieurs mois pour que son teint légèrement olive et ses tâches de rousseur lui donne une petite frimousse attachante. Ses yeux s’étaient progressivement réalignés, ses cheveux étaient devenus plus souples et maléables et l’amour inconditionnel de sa maman, avait insufflé à Célestine une confiance inébranlable en son destin. Consciente, très jeune d’incarner en elle chaque partie de notre monde, elle affichait naturellement une tolérance ouverte, une empathie, voire une proximité avec tout ce qui l’entoure, peu en importe la forme, qu’il soit minéral, végétal ou animal, que ce soit un lapin, un arbre, une pierre, une marguerite ou même une feuille de laitue, elle respectait ce qu’ils étaient, pour ce qu’ils étaient, pour le rôle qu’ils jouaient dans notre univers en transformation constante et quand un d’entre eux entrait en contact direct avec elle, lorsque par exemple elle portait une robe ou un chapeau, celui-ci s’adaptait docilement, se moulait à l’ensemble, faisant corps avec Célestine pour ne plus former qu’un joli tout esthétique et harmonieux.
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