Flocons de Bonheur

On le pourchasse, on se l'achète, on le cherche chez l'autre, dans son regard, dans ses gestes. On vogue de plaisirs en plaisirs sans vraiment le toucher. Mais qu'est-ce donc alors que le bonheur?

Pour l’atelier d’écriture créative d’Anne Fabregoul, écrire un court texte sur le thème du climat et de la météo en respectant les contraintes suivantes: PROPOSITIONS 325 & 326 – OCTOBRE 2026 – ECRITURE CREATIVE

Ce matin, la tempête fait rage. Les pluies dilluviennes ont gorgé le sol qui n’en peut plus et qui a vomit le trop plein sur la pelouse, formant des petits lacs ici et là. On vient tout juste de rentrer, Boule et moi. Je suis trempé et je frissonne. Boule secoue vigoureusement son corps de gauche à droite sur le tapis d’entrée pour expulser toute cette eau accumulée dans ses poils frisés lors de notre escapade. J’aurai dû vérifier la météo avant de partir. Je prends la serviette de Boule pour lui essuyer les pattes, alors qu’il me regarde patiemment de ses grands yeux bruns. Il part ensuite vers son bol, question de vérifier si je lui aurai laissé une récompense, puis il me regarde, un peu déçu mais résigné et va se coucher près du foyer, à son endroit favori, couchant sa tête sur ses pattes avant et posant sur moi un regard attentif. Je devrais allumer un feu pour me réchauffer, mais pour l’instant, la priorité, c’est de retirer ces vêtements trempés et enfiler quelque chose de sec. Je me déshabille entièrement, laissant tout ça par terre et me précipite vers la chambre, en jetant un rapide coup d’œil à la fenêtre, par peur d’être aperçu par un passant, nu et courant dans la maison. On pourrait m’accuser de grossière indécence. C’est idiot. Il pleut si fort. Personne ne prendra le temps de m’espionner par la fenêtre. J’enfile d’abord une robe de chambre, question de me réchauffer un peu et me laisser le temps de choisir mes vêtements. Je m’habille finalement en mode détente avec des couleurs dépareillées. J’enfile mes grands bas de bûcheron en laine grise et un un pull rouge, bien chaud. Je ne suis pas très élégant, pas personne ne m’en tiendra rigueur ici et Boule non plus.

Heureusement que j’ai Boule. Avec tous ces changements climatiques, politiques, géopolitiques et technologiques j’ai remarqué qu’on se terre tous davantage à l’intérieur. À l’intérieur de soi aussi. On ne se parle plus comme avant, comme si la colère gronde partout en nous et qu’il suffit de peu pour qu’elle éclate, alors on se protège, mais ce faisant, on perd espoir qu’après la pluie vienne le beau temps.

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