
— Chéri, c’est Jean, il nous demande si on sera à Dubaï le weekend prochain.
— Non, pas le weekend prochain, lui répond Simon. Le jet sera en maintenance, mais on pourrait y aller le weekend suivant.
— OK attends, je lui demande s’ils sont libres.
— Non, ça ne sera pas possible pour eux, mais on remettra ça nous dit-il.
— Pas de souci, ma chérie. D’ailleurs, c’est juste le bon moment de réduire nos déplacements avec le jet. Compte tenu de la présentation prochaine de notre campagne visant à démontrer nos actions écologiques, tout ce qui réduit les émissions de GES est une bonne idée.
— C’est dommage tout de même. On ne les a pas vus depuis plus d’un mois.
— Oui, je comprends.
Terminant son Petrus 2000, un millésime qu’il appréciait particulièrement, Simon posa sa coupe sur la petite table pliante et se leva en s’étirant.
— Allez, les enfants, on remballe tout sur le bateau. On rentre à la maison.
Geneviève remarqua alors une petite famille assise par terre un peu plus loin et eut un léger frisson. Elle eut une pensée pour ceux que la vie n’a pas choyés ou qui ont fait de mauvais choix. Elle se dit intérieurement qu’ils semblaient plutôt sales et sans doute malodorants.
— Simon, Tu crois qu’on pourrais leur donner notre assiette de fruits.
— Mais bien sûr ma chérie. Tu m’impressionneras toujours. Tu es tellement altruiste, il devrait y avoir plus de gens comme toi sur terre.
— Oh Simon, c’est gentil ça. Je t’aime.
Geneviève n’osa pas trop s’approcher de la petite famille (on ne sait jamais), alors après avoir remis à bord tout le matériel du pique-nique, elle posa l’assiette par terre et envoya la main au père de famille qui les regardait, en lui faisant un signe vers l’assiette de fruits.
Il répondit par un signe de tête, comprenant son offre.
Alors que le bateau quittait le quai, Geneviève se senti le cœur léger, fière de son geste, quand elle vit les enfants aller chercher l’assiette de fruits.
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