
À 22h35, juste après la présentation de la météo à la télé, une incroyable douleur explosa dans le thorax de Marcel. Espérant contrer cette indescriptible douleur, il porta instinctivement la main a son cœur tout en tentant maladroitement de se lever, mais il chuta brutalement par terre. Sa vue se rétrécit peu à peu en un tunnel étroit, le son de la télé lui paru de plus en plus lointain et puis, tout s’arrêta: La douleur, la lumière, les sons, tout. Il flottait maintenant dans le grand vide, comme une étoile solitaire, perdue dans l’univers.
Et il en fut ainsi un temps indéterminé, peut-être infini.
Puis, venue d’on ne sait où, une lointaine et mélodieuse musique éveilla sa conscience endormie. Il se senti aussitôt irrésistiblement attirée par celle-ci et fut malgré lui propulsé à toute vitesse vers cette onde sonore qui devenait de plus en plus claire au fur et à mesure qu’il s’en s’approchait.
Là, en plein cœur de la forêt, les doigts agiles d’une vieille dame en haillon parcouraient avec ferveur les notes usées d’un antique piano à queue, recouvert de mousse verte et de champignons. S’échappant du couvercle, une magnifique mélodie mêlaient indistinctement ondes sonores et lumineuses en s’élevant vers le sommet des grands arbres.
— Seigneur des bois, entendez-vous ma musique, souffla la dame en regardant le ciel.
Je suis là, pensa Marcel, je suis là.
Et la dame sourit.
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