
J’ai 14 ans. L’été est bien avancé et avec 3 copains, on s’ennuie un peu et on se cherche une aventure pour passer le temps. Je me souviens qu’il y a, un peu plus loin, un vieux silo à grain abandonné. Tout en haut, on peut distinguer une brèche dans la tôle qui donne accès au toit. On y voit souvent plusieurs pigeons qui virevoltent. L’un d’entre nous propose d’en capturer quelques-uns. Ça nous a paru une excellente idée.
On part donc, à travers champs, avec nos lampes de poche, parce que l’intérieur du silo est très mal éclairé. On s’y était déjà introduit en déplaçant une lourde grille sous les fondations. Cette fois, on voudrait se rendre jusqu’au toit, puisque c’est là où logent les pigeons.
On s’est assuré qu’il n’y avait personne à proximité avant de se glisser sous la structure, jusqu’à la grille de la fondation qu’on avait laissée ouverte lors de l’expédition précédente.
Tour à tour, on se glisse à l’intérieur et on allume nos lampes de poche. Il y a de la poussière partout, des lattes du plancher sont manquantes et on doit faire gaffe à où on met les pieds. On arrive un peu plus loin dans près d’une sorte de haut tunnel vertical qui va jusqu’au sommet. On voit un peu de lumière tout en haut, qui filtre par la brèche du toit et on entend les pigeons qui volent. En s’agrippant aux montants horizontaux, séparés entre eux d’une trentaine de centimètres, on escalade le silo jusqu’en haut, comme dans une échelle rudimentaire.
Les pigeons sont un peu effrayés et virevoltent autour de nous.
une fois rendu en haut, on joue un peu les équilibristes en marchant sur le haut des montants et en s’éclairant du mieux qu’on peut alors qu’il y a le vide obscur de chaque côté de l’étroite passerelle.
Je me rends jusqu’à la brèche et j’accède au toit. On est à une trentaine de mètres du sol. Au loin on voit la ville et je distingue même la maison familiale. Je m’assois là un moment, tandis que les copains viennent me rejoindre. On est fiers de notre escapade et finalement, on se fout un peu des pigeons. Je m’allume une cigarette et j’en offre aux copains.
Au bout d’un moment, on se dit qu’on devrait sans doute redescendre, au cas où on nous aurait aperçu sur le toit et qu’on appelait la police ou quelqu’un d’autre.
On refait le chemin inverse jusqu’en bas au travers les montants du silo et chacun retourne chez lui en se saluant parce que c’est l’heure du souper.
Quand, au repas, maman me demande ce que j’ai fait aujourd’hui, je lui dis qu’on est allé s’amuser dans le champs.
Tout est OK. Personne n’est mort, personne ne s’est blessé et maman ne s’inquiète pas. C’était comme ça à l’époque. Inimaginable aujourd’hui!
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