Flocons de Bonheur

On le pourchasse, on se l'achète, on le cherche chez l'autre, dans son regard, dans ses gestes. On vogue de plaisirs en plaisirs sans vraiment le toucher. Mais qu'est-ce donc alors que le bonheur?

Mon père a travaillé toute sa vie pour une compagnie de tabac, jusqu’à sa retraite en 1989. C’est amusant de faire un parallèle avec l’histoire familiale, puisqu’en remontant la généalogie, on y retrouve notamment des liens avec l’entreprise Forest Frères Limitée qui commercialisait le Tabac Forest au début du 20ième siècle. Mon grand-père a donc passé son enfance à St-Jacques-de-Montcalm où on y cultivait le tabac.

Toujours est-il que mon père travaillait au département du marketing pour Imperial Tobacco qui commercialisait notamment la marque Cameo. Il avait donc accès à toute sorte de produits promotionnels. C’est ainsi, qu’un été, il est arrivé au chalet familial à Venise-en-Québec avec un petit dériveur ayant une coque en styromousse et une voile unique aux couleurs de cette marque de cigarettes. J’avais 13 ou 14 ans à l’époque.

En autodidacte, je me suis donc initié progressivement au maniement de la voile. C’était sans réel danger, puisque la coque était si légère que lorsque le vent nous renversait, on pouvait aisément le remettre à flots, remonter et repartir. D’ailleurs, on prenait plaisir, mon frère et moi à amener le petit voilier à la limite, poussé par les grands vents jusqu’à ce qu’on vire à l’envers en rigolant.

Par la suite, j’ai pris plaisir à naviguer seul. J’aimais énormément ces moments de pur plaisir. En y repensant, j’entends encore clairement le bruit du vent qui souffle, je me rappelle le fond de l’air plus frais, le clapotis des vagues sur l’eau sombre du lac et je me revois, gouvernail en main, prenant les vagues dans le bon sens, passant de creux et crêtes tout en maîtrisant ma voile pour profiter du vent.

Que de plaisir…

J’écoutais hier une émission de télé, où on abordait l’autohypnose, comme outil pour retrouver un état de paix intérieure quand le cerveau bouillonne un peu trop. Le principe consiste à établir un ancrage mental d’un espace de vie, d’un moment où on est heureux et en l’associant avec un geste physique agissant comme interrupteur lorsqu’on en a besoin.

Je me suis dit, que ces moments, survolant les flots auraient sans doute été de ceux que j’aurais choisis pour ce genre d’expérience.

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